J'avoue que reprendre les articles sur mon blog ne me tentait pas.
Ce n'est pas le voyage au Cameroun qui m'a laissée sans ressort, c'est plutôt le retour qui m'a déboussolée.
Les enfants sont installés comme je l'espérais, dans une magnifique et grande villa avec jardin et maison de gardiens, servis par une main d'oeuvre plus utile que qualifiée, mais heureusement présente de nuit comme de jour.
La qualité de vie qu'ils ont trouvée sur place est prodigieuse, ils ont l'air tellement heureux, tellement occupés, tellement bien, que même si cette idée me rassure, je ne peux pas m'empêcher de ressentir une espèce de tristesse qui me fait dire,que je n'ai plus de place dans leur univers de bonheur.
Je sais qu'ainsi va la vie, il faut tout simplement que j'arrive à m'habituer à ce changement, que je comprenne que mon fils est un homme, qu'il n'est plus le petit garçon accroché à sa mère, et incapable de se passer de sa présence, la faute me revient, je n'aurais pas dû le croire, c'est lui qui est normal,et c'est moi qui n'ai pas grandi.
Le Cameroun est l'endroit idéal pour un dépaysement complet. Tout là bas est disproportionné, les plus belles résidences de la ville touchent les taudis les plus misérables.Les plus riches vivent tout près des plus pauvres, et cette promiscuité ne gêne personne.
Je m'imaginais la capitale autrement, la ville qui comptait parmi sa population, un habitant de marque, son président, devait au moins donner une autre image de son centre. Et même si j'étais au courant de la pauvreté qui règne en maîtresse dans ce Pays, J'espérais des boutiques "à la manière Africaine" bien entendu, des rues pavées, des trottoirs bordant les "avenues", ma surprise a été monumentale, c'est l'anarchie complète, les voitures règnent dans cet espace où le code de la route n'est pas appliqué, et où il faut montrer de la dextérité pour trouver son chemin dans le flot de la circulation.
La seule avenue acceptable mais qui est seulement empruntée par les voitures officielles est celle qui mène à la résidence du président, celle là est défendue à la fréquentation du trafic routier et la surveillance des policiers quant au maintien du respect de la loi, est maintenue.
Les marchandises sont exposées sur les trottoirs, les prix non affichés sont soumis à la volonté du vendeur qui accepte malgré tout le marchandage parce qu'il est une religion dans ce pays.
Je crois que la plus grande difficulté pour moi était de résister à la demande permanente des passants dans la rue, qui voulaient nous faire réaliser des "affaires", je pense que sans la présence des enfants je me serais laissée piéger comme une débutante. J'ai beaucoup de mal à tenir fermé mon porte monnaie, et mon fils ayant anticipé sur mon incapacité à opposer un refus à toute proposition marchande, ne me donnait de l'argent qu'au compte gouttes.
J'y ai vu des choses nouvelles, que jamais je n'aurais imaginées , je me suis trouvée dans des endroits des plus insolites qui soient, j'ai emprunté des chemins à grande difficulté sur des pistes "spécialement équipées quatre quatre".pour aller à la rencontre des pygmées, visiter les réserves d'animaux..
J'ai même passé des moments privilégiés avec" Patrick Bruel "(sic) qui tenait une gargotte sur la plage, je trouve que l'Afrique lui va bien, il prend les couleurs du pays, il m'a accordé une danse et séduit par la qualité de ma prestation, il m'a promis une place dans son groupe de danseuses nues. J'ai refusé l'invitation, dans cette tenue spéciale je préfère danser en solo.
J'ai cotoyé des gens merveilleux de gaieté, des gens touchés à cause de l'attention qu'on leur manifestait, quand on prenait le temps de nous entretenir avec eux.
La manucure,le photographe, le diamantaire, le dentiste, l'opticien et les autres sont tous installés dans des petites cabanes en bois aux toits de tôle, aux enseignes écrites à la main et portant des expressions ronflantes telles que: "Au chic de Paris" ou "Au bonheur des dames" "chez Beaucuse" (sic) la palme revient a cet illustre inconnu Mr X" "gynécologue, neurologue" qui devait, vu la place qu'il occupait , ausculter ses patientes au milieu de la rue.
La caserne est un endroit protégé, malheur à celui qui soulage ses envies sur le mur qui entoure l'enceinte, d'ailleurs l' inscription écrite bien en évidence décourage les plus téméraires.
--Attention à vous, il y a danger à pisser sur le mur.
L'endroit le plus insolite a été pour moi, le plus grand marché couvert de Yaoundé, c'est une véritable fourmillère grouillante de monde. Il est difficile de retrouver son chemin dans ces lieux "noirs" de foule.Les étalages des échoppes craquent sous le poids des marchandises, j'ai eu du mal à choisir le boubou à ma taille, ou le souvenir à ramener, c'est justement à ce moment là que l'intention d'élire domicile au Cameroun m'a effleurée, je me suis rendu compte à quel point les mâles de ce pays s'intéressent aux petites blondinettes quel que soit leur âge.
Quel plaisir pour moi de redevenir une femme que l'on regarde, il y avait longtemps que cela ne m'était pas arrivée. J'ai même fait mon petit effet parmi les religieux musulmans qui fêtaient la fin du Ramadan, je me suis rendu compte à ce moment là que l'habit ne faisait pas le mollah.
Les chutes de La Lobé, ne sont pas celles du Niagara, mais l'endroit est pittoresque et plein de charme, l'eau tombe en cascades dans la mer, et le résultat final nous renvoie l'image d'un océan dont la couleur grise contrastait avec le bleu qui au large caractérise le golfe de Guinée.
Merveilleuses sont les plages, et les restaurants huppés vous invitent à un déjeuner frugal sur le sable. Ce cher "Maxim's"nous a servi un repas royal, composé d'un capitaine à la bar"re" rivalisant avec le gros barracuda, pour séduire les délicieuses petites crevettes d'eau douce toutes frétillantes, et qu'il fallait deshabiller pour mieux profiter de leur chair.
La prochaine fois, nous rendrons visite à " Ali Baba" pour y goûter ses 40 merveilles, ou au " Au Jardin des Sens" pour aiguiser celui de tous...nos appétits.
Je peux vous dire sans me tromper, que la mer était chaude, mon fils s'y est rendu sans hésitation, alors qu'il est très sensible d'ordinaire à la température de l'eau...Je n'avais pas pris de maillot, on ne déjeune pas chez "Maxim's" en tenue décontractée. Je n'ai rien perdu, je me suis régalée à entendre les rires des petites, leurs cris de joie au moment où elles plongeaient dans les vagues, leur bonheur de se trouver dans un endroit pareil, lieux paradisiaques par excellence qui donnent l'impression que les vacances sont éternelles. Il manquait à mon plaisir ma petite Florine , j'aurais tellement aimé la voir au milieu de ses cousines et partager avec elles les mêmes jeux .
J'ai quand même trouvé le vase aux motifs Africains que je souhaitais mettre en évidence sur la table de mon salon.Celui là avait pourtant bien voyagé, il a traversé l'océan, il a eu chaud, parce qu'il a failli rester à Yaoundé, il ne voulait pas payer une taxe imméritée sur son prix d'achat, il avait bien compris que la préposée des eaux et forêts s'amusait à se faire passer pour une douanière, heureusement que le vigile était d'accord avec lui, et l'a fait passer en douce. Le problème c'est qu'il n'a pas pu supporter le climat d'Aurillac, dès sa descente de voiture, juste au pied de l'immeuble, il explose de colère...Quel pays de cons, on se gèle ici!!
Un ennui de taille quand même à l'occasion de ce beau voyage, j'ai pris un traitement spécial moustiques, et j'ai passé mes journées spéciales coliques.